Femmes et science : Weizmann (Israël) lance un nouveau cours pour encourager ses chercheuses

Professeurs Michal Sharon, Maya Schuldiner et Nirit Dudovich (de g. à d.) – Crédits : Weizmann Institute Professeurs Michal Sharon, Maya Schuldiner et Nirit Dudovich (de g. à d.) – Crédits : Weizmann Institute
Combiner travail, carrière et maternité est un défi auquel de nombreuses femmes sont confrontées. Le travail des femmes est une chose acquise mais les questions qui l’accompagnent sont bien loin d’être résolues. Trois femmes professeurs à l’Institut Weizmann – Michal Sharon, Maya Schuldiner et Nirit Dudovich– ont décidé de partager leurs expériences et ouvrent un cours dédié aux étudiantes.

La présence féminine dans le domaine scientifique est en augmentation mais reste minoritaire. A l’Institut Weizman, 85% des chefs de laboratoires sont des hommes bien que 70% des doctorants en sciences de la vie soient des femmes. Les périodes de grossesses, qui surviennent généralement durant le doctorat, sont souvent des moments où les femmes renoncent à poursuivre plus loin leur carrière. C’est dans ces périodes que des conseils peuvent s’avérer décisifs et un des objectifs du cours est d’aider les femmes à partager leurs expériences. « Quand une étudiante a le sentiment que sa situation est impossible, même si ça ne l’aide pas directement à résoudre son problème spécifique, le fait de savoir que d’autres femmes – des femmes qui ont ensuite réussi dans leur carrière – ont traversé les mêmes difficultés lui donne une certaine perspective » explique Nirit Dudovich.

Un des sujets sur lesquels les enseignantes insistent également au cours des six rencontres est le fait de bien communiquer avec ses supérieurs de façon à définir des objectifs réalistes. D’autre part, une réflexion est menée pour encourager les femmes à construire leur propre interprétation du succès professionnel et être moins sensibles aux attentes des autres. Maya Schuldiner explique : «  Nous appartenons à une culture où, en tant que femmes, nous sommes poussées à être perfectionnistes. Etre la meilleure mère du monde, être la meilleure scientifique. Ce que nous disons c’est : vous n’avez pas besoin d’être la meilleure ni d’un côté ni de l’autre. Vous pouvez être heureuse de la façon dont vous êtes mère, heureuse de la façon dont vous faites de la science, et combiner les deux d’une façon qui est optimale pour vous et non pas pour le monde extérieur ».

Le message que les trois organisatrices espèrent transmettre à leurs étudiantes est qu’elles sont l’unique propriétaire de leur carrière. « On entend dire qu’essayer de combiner famille et carrière, c’est faire de la science comme une femme. D’après nous c’est une bonne chose, faites de la science comme une femme ! »

Source diplomatie.gouv.fr – auteur : Tirtsa Ackermann, Doctorante, Université hébraïque de Jérusalem

Israël Science Info